Les dérivés de crédit sont des instruments permettant de transférer tout ou partie du risque occasionné par un crédit.
Ils permettent aux banques de gérer le risque de contrepartie de leurs portefeuilles de crédits. Avec ce système, elles octroient des prêts sans que leur solidité financière ne soit menacée puisqu’elles revendent le risque de contrepartie grâce aux dérivés de crédit.
Apparu aux États-Unis au début des années 1990, l’encours notionnel des dérivés de gré à gré dépassait 710 milliards de dollars à la fin 2013, selon les statistiques de la Banque des règlements internationaux (BRI).
Dérivés de crédit : mécanisme et utilité
Les dérivés sont comparables aux maillons d’une chaîne qui permettent de transmettre le risque d’un agent économique à l’autre.
Grâce à un contrat passé entre deux contreparties, les dérivés permettent de transférer tout ou partie du risque de crédit portant sur un tiers désigné sous le vocable « d’entité de référence ».
Le principe de fonctionnement des dérivés est le suivant :
- Une contrepartie vend un risque de crédit portant sur une créance déterminée, dite « créance sous-jacente ».
- Contre le versement régulier d’intérêts ou d’une prime, l’acheteur du risque crédit (l’autre contrepartie), dédommagera le vendeur si un événement de crédit survient sur l’actif sous-jacent à cette créance.
Les dérivés de crédit peuvent principalement être utilisés comme :
- des instruments de couverture, permettant à une banque de réduire son risque sur une contrepartie, et, à certaines conditions, ses exigences de fonds propres ;
- des instruments d’investissement, permettant à un intervenant d’acheter un risque de contrepartie ou de prendre une exposition de crédit sur une « entité de référence » qui n’a pas nécessairement émis de dette sur le marché ;
- des instruments plus spéculatifs, visant à dégager à court terme une plus-value sur l’évolution postulée d’un risque de crédit.
Principaux dérivés de crédit
Selon la Banque de France, les dérivés de crédit peuvent être regroupés en deux grandes catégories :
- ceux présentant un aspect purement « synthétique » et ne donnant lieu, pour le vendeur de protection, à aucun coût de financement (unfunded credit derivatives) ;
- ceux donnant lieu, pour ce même vendeur de protection, à l’achat d’un titre ou de créances (funded credit derivatives).
La première catégorie (unfunded credit derivatives) comprend quatre types d’instruments : les « credit default swaps » (CDS), les « credit spread options » (CSO), les swaps sur le rendement total ou « total rate of return swaps » (TROR), les swaps sur première défaillance d’un panier de créances ou « first-to-default » (FTD).
La seconde catégorie (fond credit derivatives) comprend principalement un type d’instrument : les titres indexés sur un risque de crédit ou « credit line notes » (CLN).
Parmi ces différents instruments financiers, les plus connus sont les CDS et les CLN :
- Les swaps sur défaillance ou crédit default swaps (CDS), apparus sur le devant de la scène lors de la crise financière de 2008, sont des contrats à travers lesquels un établissement s’engage à verser une prime régulière au cocontractant. En contrepartie, ce dernier s’engage à le dédommager de la perte subie en cas de survenance d’un « événement » de crédit affectant le sous-jacent (créance sur l’entité de référence).
- Les CLN sont des obligations synthétiques « indexées » sur une créance, émis par l’établissement acheteur de protection et auxquelles sont attachées des options sur le risque de défaut lié à cette créance.
L’établissement vendeur de protection s’engage, contre paiement d’un montant d’intérêts rémunérant le caractère « composite » du titre, à n’être remboursé, en cas d’événement de crédit sur l’actif sous-jacent au titre, qu’à la valeur de marché du titre après cet événement.
Ce dédommagement peut être versé selon deux modalités : un règlement physique (cession au pair de la créance en défaut) ou un règlement en espèces (différence entre la valeur de marché de la créance en défaut et son montant au pair).