Notation financière

Sommaire

 

La notation financière (rating) tente de mesurer la qualité de la signature d’un emprunteur.

Elle reflète la perception du risque de non-remboursement d’une dette (terme technique : risque de crédit) du point de vue d’une agence de notation.

Utilisées par les investisseurs, ces notes sont obtenues grâce à des techniques d’analyse financière  et de « scoring ».

Principe

La notation évalue la solvabilité d’un emprunteur, c’est-à-dire sa capacité à rembourser le capital et les intérêts de ses dettes.

Cet emprunteur peut être un État, une collectivité locale ou une entreprise. La notation traduit le sentiment d’une l’agence sur le risque de crédit à un instant et sur un horizon de temps donné.

À noter : les origines du rating remontent au début du 19e siècle, époque où la banque britannique Barings demanda à Thomas Wrend Ward (1820) de classer plusieurs milliers d’établissements de crédit et de boutiques en fonction de leurs surfaces financières. Cet usage s’est ensuite généralisé avec l’apparition des entreprises de chemins de fer aux États-Unis, vers 1910.

Une note de crédit est généralement exprimée par un symbole composé d’une ou plusieurs lettres. Chaque agence de notation dispose de son échelle d’évaluation.

Bon à savoir : les échelles de notes ne correspondent pas exactement d’une agence de notation à l’autre. Noté par plusieurs agences, le même emprunteur peut donc obtenir des scores différents. Toutefois, une note composée d’un ou plusieurs A signale un risque de non-remboursement plus faible qu’une note composée d’un ou plusieurs C.

Exemple : la pire des notes possibles est CD chez Fitch, C chez Moody’s et CD chez Standard & Poor’s.

Établissement de la notation financière

Les notes de crédit sont établies par des analystes spécialisés. Ceux-ci travaillent sur la base de documents publics.

Exemple : les comptes publiés d’un État ou d’une entreprise.

Une note de crédit mesure le risque de défaut d’un emprunteur sur l’ensemble de ses dettes à long et à court terme ou lors d'une opération ponctuelle.

Exemple : une émission obligataire.

Pour l’établir, les analyses tiennent comptent de plusieurs facteurs :

  • critères quantitatifs (ressources financières, etc.) et qualitatifs (stabilité politique d’un état, stratégie d’une entreprise, etc.) ;
  • macroéconomie (étude des phénomènes économiques globaux : croissance, inflation, etc.) ;
  • historique d’un pays ou des performances d’une entreprise ;
  • hypothèses d’évolution (taux de croissance d’un pays, évolution du chiffre d’affaires d’une entreprise, etc.).

L’ensemble des critères est ensuite combiné de façon pondérée pour obtenir la note finale.

On distingue 2 grands types de notes :

  • Les notes à long terme font porter l’évaluation du risque de crédit sur une période de plus de 12 mois.
  • Les notes à court terme traduisent la capacité de l’émetteur à honorer ses engagements financiers immédiats.

Ces notes sont accompagnées d’une perspective de notation. Cette perspective traduit l’évolution possible de la note de crédit publiée.

Exemple : une note de crédit avec perspective positive peut annoncer un relèvement à plus ou moins court terme du rating d'une entreprise.

Bon à savoir : lorsque cette note est complétée par un dispositif de mise sous surveillance, cela indique qu’elle à une forte probabilité d’évoluer à horizon de 3 mois. Cette mise sous surveillance peut être positive ou négative.

Pas toujours sollicitées – certains émetteurs sont notés malgré eux –, les notes de crédit ont donc vocation à évoluer au fil du temps.

Notation financière et surveillance

La crise financière de 2007/2008 a mis en exergue certaines failles des agences de notation et renforcé leur régulation.

En Europe, depuis 2009, cette mission est confiée à l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA – European Securities and Markets Authority).

Rappel : le rôle de l’ESMA est d’assurer la stabilité et l’efficacité du système financier dans l’Union européenne à court, moyen et long terme.

Cette régulation contraint notamment les agences de notation à :

  • publier leurs méthodes de notation et à les appliquer de façon stable ;
  • délivrer leurs notes de crédit de façon indépendante (interdiction de noter un actionnaire détenant plus de 10 % de leur capital).

Par ailleurs, un investisseur ou une société notée peut désormais plus facilement poursuivre une agence de notation qui aurait enfreint la réglementation européenne intentionnellement ou par négligence grave.

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