L’épargne de précaution correspond à une réserve d’argent placée en vue de pouvoir faire face aux dépenses imprévues sans toucher à l’épargne placée à long terme et en évitant de contracter un crédit à la consommation.
Différents placements bancaires permettent de constituer ce matelas financier sans prendre de risque et avec une perspective de rendement proportionnelle à la durée (théorique) d’immobilisation de l’épargne.
Placer son épargne de précaution à horizon d’un an
Malgré leur faible rendement, les livrets d’épargne défiscalisés sont la solution à privilégier, car vos liquidités sont garanties par l’État et échappent aux prélèvements fiscaux.
Parmi les grands classiques figurent le livret A et le LEP (livret d’épargne populaire).
Le livret A :
- il fonctionne comme un compte d’épargne ordinaire ;
- le livret physique est remplacé par des relevés de compte (vous ne recevez ni chéquier, ni carte de paiement) ;
- pour un particulier, le plafond de versement est de 22 950 € ;
- le taux d’intérêt est de 3 % net d’impôts ;
- au 31 décembre de chaque année, les intérêts (calculés par quinzaines) de l’année s’ajoutent au capital constitué.
Le LEP :
- l’ouverture du LEP est soumise à conditions de ressources (par exemple, 44 249 € de plafond de ressources en 2023 – revenu fiscal de l’année 2021 figurant sur l’avis d’imposition de 2022 – pour un ménage avec 3 parts de quotient familial) ;
- si vous êtes éligible, il garantit un rendement de 6,1 % dans la limite d’un plafond de 10 000 € maximum depuis le 1er octobre 2023 (7 700 € auparavant) ;
- ses intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Ils sont calculés par quinzaine.
Choisir un horizon de 1 à 2 ans pour son épargne de précaution
Si vous êtes prêt à bloquer votre épargne 2 ans ou plus, les comptes à terme et les livrets « partage » constituent des alternatives possibles.
Le compte à terme
C’est un compte sur lequel les sommes déposées sont bloquées pendant une certaine période contre une rémunération prévue lors de la souscription. Cette période (minimum 1 mois) peut courir sur une durée déterminée (par exemple 1 an) ou renouvelable (par exemple tous les 6 mois). Plus la durée d’immobilisation est longue, meilleur est le taux de rémunération. À horizon de 12 mois, les taux bruts montent jusqu’à 3 % et peuvent dépasser 3 % sur 2 ans. Attention : les intérêts sont assujettis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.
Le livret de « partage »
Ce livret bancaire classique produit des intérêts dont une partie est partagée avec un ou plusieurs organismes humanitaires ou de l’économie solidaire. Cette formule permet de bénéficier d’une réduction d’impôt au titre des dons. Les meilleures formules délivrent environ 2 % de rendement (brut).
Le livret de développement durable et solidaire, mis en place par la loi Sapin II du 9 décembre 2016, prévoit la possibilité de reverser une partie des sommes déposées à des entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS). Un décret viendra fixer les modalités des reversements.
Opter pour un placement de son épargne de précaution à horizon de 2 à 3 ans
Paradoxalement, assurance-vie et PEL peuvent constituer de bonnes tirelires pour placer son épargne à horizon de 2 à 3 ans.
Assurance-vie
Il est avantageux de déposer son épargne à court terme sur un contrat d’assurance-vie s’il a été ouvert depuis plus de 8 ans. En effet, l’argent est disponible à tout moment et il profite du rendement des fonds en euros qui, bien que mineur (2 % de moyenne en 2022), reste plus attractif que celui de beaucoup de placements de court terme (comme les Sicav monétaires). Fiscalement, les retraits effectués sur un contrat de plus de 8 ans profitent d’un abattement de 9 200 €/an pour un couple marié.
PEL
Même s’il s’agit d’une épargne destinée à préparer un investissement immobilier, le PEL peut être utilisé comme une tirelire en oubliant sa vocation initiale. Cette possibilité est d’autant plus attrayante que le PEL est ancien, car sa rémunération, 2 % depuis le 1er janvier 2023 (1 % entre le 1er août 2016 et le 31 décembre 2022), sera plus élevée. Les retraits effectués entre 2 et 3 ans ont pour effet de clôturer le PEL sans remettre en cause la rémunération fixée au départ.
Pour les PEL ouverts avant 2018, les intérêts sont soumis aux prélèvements sociaux (17,2 %), et sont exonérés d’impôt sur le revenu jusqu’à leur 12e anniversaire. Après la 12e année, les intérêts sont soumis à la « flat tax » au taux unique de 30 %, englobant l’impôt sur le revenu (12,8 %) et les prélèvements sociaux (17,2 %).
En revanche, les PEL ouverts depuis le 1er janvier 2018 sont moins intéressants puisque les intérêts sont imposés dès la 1re année au taux unique de 30 %, englobant l’impôt sur le revenu (12,8 %) et les prélèvements sociaux (17,2 %).
Pour aller plus loin :
- Quel placement bancaire choisir ? Consultez nos conseils.
- Chaque placement a une fiscalité particulière. Découvrez ici plus d’information sur la fiscalité de l’épargne.