Le short squeeze (pression des shorts) est une séquence de marché ou un événement inattendu qui contraint des traders ayant vendu à découvert à racheter leurs positions dans l’urgence, alimentant ainsi une forte hausse des cours.
Ce phénomène peut résulter d’un appel de marge (montant qu’un investisseur verse pour couvrir une position acheteuse ou vendeuse)
Parmi les exemples de short squeeze les plus spectaculaires on peut citer celui qui toucha la compagnie Volkswagen (2008) en propulsant le cours de l’action de 210 à 1 000 € en l’espace de 48 h.
Short squeeze et vente à découvert
Impossible de comprendre ce qu’est le short squeeze sans se remémorer les principes de la vente à découvert (VAD).
Dans la plupart des cas, les investisseurs achètent des titres en espérant les revendre plus tard avec une plus-value. La vente à découvert, c’est exactement l’inverse. L’actif est d’abord vendu avant d’être acheté plus tard. La VAD revient donc à parier sur la baisse d’une action que l’on vend sur la base du cours actuel en espérant pouvoir la racheter plus tard, quand elle aura baissé, afin d’empocher la différence de cours.
Exemple : la valeur X est cotée 8 € fin octobre 2016. Vous pensez que le titre va baisser et tomber à 6 €. Pour parier sur la baisse du titre, vous réalisez alors une VAD, en vendant à 8 € cette action que vous ne possédez pas.
Quelques jours passent et l’action tombe à 5,50 €. Il vous suffit alors d’acheter l’action N à ce prix (5,50 €), puis de solder votre position de vente à découvert (8 €). La différence de cours (8 - 5,50 = 2,50 €) tombera dans votre poche.
La vente à découvert implique cependant certains risques comme le prouve le cas du short squeeze : en effet, lorsqu’un actif soumis à une forte pression vendeuse commence à remonter, les vendeurs à découvert sont parfois pris à contre-pied. Ils doivent clôturer leurs positions à la hâte, ce qui a pour effet de précipiter la hausse. Le short squeeze résulte de cette situation.
Mécanique et effets du short squeeze
Short squeeze est une expression anglaise qui désigne une liquidation forcée des positions courtes. Elle se produit lorsque l’anticipation de baisse est erronée. Les vendeurs à découvert sont alors contraints de clôturer leurs positions, alimentant ainsi la hausse d’un titre qu’ils ont pourtant intérêt à voir dévisser.
Exemple : un bel exemple de short squeeze a été fourni par les spéculations autour de la firme Volkswagen : à la fin des années 2000, des investisseurs ont vendu de la firme automobile allemande à découvert. Ils ignoraient qu’une autre firme, Porsche possédait 42 % du capital, et un peu plus de 30 % d’options d’achat pour prendre le contrôle du groupe. Du coup, loin de chuter, l’action Volkswagen a bondi. Cette situation a contraint les vendeurs à découvert à liquider leurs positions pour limiter la casse. Peu d’actions étant disponibles sur le marché leur cours est pratiquement monté jusqu’au ciel en passant de de 210 à 1 000 € en l’espace de 48 h. De nombreux investisseurs y ont laissé des plumes. Les cours de Goldman Sachs et de Morgan Stanley vacillèrent à leur tour, de peur que cette mécanique infernale les mette sur le flanc.
Le phénomène de short squeeze peut aussi concerner les investisseurs ayant pris des positions de vente sur des contrats à terme. En ce cas, le short squeeze est généralement provoqué par des appels de marge.
Lors d’un short squeeze sur les marchés dérivés, la hausse du prix de l’actif sous-jacent contraint les vendeurs à renforcer le nantissement de leur position. S’ils n’y parviennent pas, ils sont alors forcés de déboucler leur position, en achetant le sous-jacent au prix de marché et en encaissant leurs pertes.
Effet boule de neige oblige, la liquidation précipitée des positions a pour effet d’emballer le prix de l’actif, etc.